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Stockage d’énergie (électricité, thermique, hydrogène, biomasse, mécanique) chez les particuliers

Dernières modifications le mercredi 15 avril 2009 par Ekotekoo

La problématique de stockage est certainement l’un des principaux enjeux des énergies renouvelables (par nature à fonctionnement intermittent) pour les particuliers.

Un stockage maîtrisé permet de se rapprocher de l’autonomie énergétique (avec raccordement ou non au réseau), d’améliorer la rentabilité économique des installations individuelles et d’offrir une alternative à la revente de l’électricité à EDF (tarifs avantageux pour certaines filières, tâches administratives, et report de la fonction stockage sur l’opérateur).

A partir de sources disponibles sur le web, cette fiche pratique présente le stockage décentralisé (individuel) de l’énergie chez les particuliers :

  1. Introduction - Définitions
  2. Solutions
  3. Cas pratiques - Installations
  4. Tableau de synthèse

Dans l’esprit d’un wiki, cette fiche pratique est destinée être amendée pour tenir compte des réactions les plus pertinentes et en particulier la section « Cas pratiques – Installations » peut utilement renvoyer à des illustrations concrètes.


Introduction - Définitions

« Le stockage de l’énergie est l’action qui consiste à placer une quantité d’énergie en un lieu donné pour permettre son utilisation ultérieure. Par extension, le terme "stockage d’énergie" est souvent employé pour désigner le stockage de matière qui contient cette énergie. (...)

Même pour la "production d’énergie", le stockage est essentiel : en réalité, ce qu’on appelle couramment et économiquement "production d’énergie" n’est pas, physiquement, de la production, mais de la transformation d’un stock d’énergie potentielle (charbon, eau stockée en hauteur, matière fissible ...) en une énergie directement utilisable pour un travail (électricité, travail mécanique).

Le stockage consiste donc à reconstituer un stock d’énergie potentielle à partir d’une énergie immédiatement disponible, mais dont on préférait disposer plus tard, parce qu’on sait que les besoins seront plus importants. Cela est en particulier indispensable quand l’énergie immédiatement disponible est variable dans le temps, comme c’est le cas de toutes les énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse, ...).

(...) Le stockage est directement lié à l’usage qu’on fait de l’énergie. »

(source : Wikipedia)

Le stockage de l’énergie en vue de son utilisation ultérieure ou de transport s’effectue au moyen d’un vecteur énergétique.

« Un vecteur énergétique (ou vecteur d’énergie) est un véhicule ou une méthode permettant de transmettre de l’énergie d’un endroit à un autre. L’électricité est un vecteur énergétique largement utilisé par les pays industrialisés pour acheminer efficacement l’énergie sous une forme facilement utilisable.

Les formes d’énergie primaires, comme les carburants, ne sont généralement pas considérés comme des vecteurs énergétiques, même lorsqu’elles sont transportables.

Quelques vecteurs énergétiques :
- L’électricité, le plus largement utilisé
- L’hydrogène
- Le faisceau de micro-ondes
- ... »

(source : Wikipedia)

Ne nous préoccupons pas de transport pour du stockage décentralisé et rajoutons des vecteurs pour compléter les points de suspension de Wikipedia :
- la chaleur (source : Académie des Technologies)
- un hydrocarbure ou un alcool issu de la biomasse (ayant été fabriqué, donc, en utilisant le CO2 de l’atmosphère) (source : Association Française de l’Hydrogène)
- l’énergie mécanique

Et retirons le faisceau de micro-ondes de la liste des solutions de stockage.


Solutions

Cette partie présente les solutions de stockage énergétique en fonction des vecteurs énergétiques en commençant par les applications décentralisées (dans les habitations) paraissent actuellement les plus utilisées.

Stockage de l’électricité

- Par voie électrochimique – cas le plus courant
— Les batteries : technologie répandue et souvent critiquée pour ses composants polluants, basée sur le concept de pile par accumulation d’énergie chimique, rendement de 60-75%. Des batteries de grande capacité (18 kWh) à destination des particuliers sont en cours de développement
— Les accumulateurs à circulation : variante des batteries avec électrolyte circulant, rendement proche de 60%.
— La pile à combustible : voir la rubrique « Stockage d’hydrogène »

- Par voie électrostatique : JPEG
— Condensateurs, supercondensateurs, hypercondensateurs : des utilisations grand public dans le transport, électrolyte placée entre 2 électrodes conductrices à très grande surface spécifique. Les Américains travaillent sur un nanocondensateur électrostatique, résultant de l’application des nanotechnologies au condensateur.

- Par voie électromagnétique
— Bobines supraconductrices, encore à l’état de recherche

Stockage de chaleur (ou de froid) JPEG
- Par voie sensible : solution très bien maîtrisée, comme pour les ballons d’eau chaude, énergie stockée sous la forme d’une élévation de température du matériau de stockage. A noter la reprise des recherches sur le stockage d’énergie dans le sous-sol qui utilise des techniques très voisines de la géothermie pour des applications résidentielles. Egalement à signaler la différence de température des nuits et des jours comme pour des vérins de pour ouvrir et fermer les volets des serres (source : Forum On peut le faire)
- Sous forme latente ; énergie stockée sous la forme d’un changement d’état du matériau de stockage (fusion ou vaporisation). Par exemple la société suédoise Climator, utilise du sel de Glauber dans son produit Climsel à usage domestique par technique de changement de phase (PCM, Phase Change Material)

Stockage de biomasse

En matières organiques : utilisation individuelle
- soit directement en bois-énergie
- soit après une méthanisation de la matière organique (biogaz) (ou de nouvelles transformations chimiques (biocarburant)). Le potentiel de la biomasse est considérable

Stockage d’hydrogène
- Pile à combustible : solution prometteuse, pile où la fabrication de l’électricité se fait grâce à l’oxydation sur une électrode d’un combustible réducteur (par exemple l’hydrogène) couplée à la réduction sur l’autre électrode d’un oxydant, tel que l’oxygène de l’air.
- Dans des réservoirs
— Sous forme gazeuse
— Sous forme liquide
- « sur » des composés solides (adsorption)
- « dans » des composés solides (hydrures) (source : Wikipedia)

Stockage de l’énergie mécanique
- Sous forme d’énergie gravitaire : principe de la Station de Transfert d’Energie par Pompage (STEP), le rendement (rapport entre électricité consommée et électricité produite) est de l’ordre de 82% (source : Wikipedia)

- Sous forme de pression : air comprimé, des sociétés et des scientifiques travaillent pour augmenter le rendement actuel de 20-30% à 60-65%, proche du rendement de 70% des batteries au plomb-
- Le volant d’inertie : en mobilité, pour le transport
- Stockage inertiel
- Stockage par ressort

Stockage d’énergie rayonnante

Vecteur non développé ici

Pour ceux intéressés par des précisions complémentaires :
- un tableau comparatif indiquant la masse requise pour stocker l’équivalent d’un kg de pétrole dans du bois, des batteries, de l’hydrogène, une masse en mouvement, de l’eau en altitude, de l’uranium et de la chaleur
- un tableau (datant de 1998) concernant l’électricité spécifiquement.


Cas pratiques - Installations

Stockage d’une énergie renouvelable en électricité dans des batteries

Pour une éolienne auto-construite de 10 kW destinée à de l’autoconsommation, le propriétaire Jpoi91 a acheté 40 batteries 12V/200AH à décharge profonde, dont 20 sont connectées (fin 2008).

En France, la plupart des installations de panneaux photovoltaïques ne sont pas destinées à l’autoconsommation en raison des tarifs avantageux de vente de l’électricité à EDF. Les sites isolés se prêtent à l’installation de batteries.

Stockage d’une énergie renouvelable en chaleur

Pour reprendre la réaction de Bricolo-Ecolo à propos de l’installation pour le chauffage de sa maison : « J’ai un cumulus énorme et je stocke pour une semaine !! »

Dans le cas de l’installation éolienne qu’il a auto-construite, Huiban précise sur son site : « un échangeur placé sur le circuit des radiateurs permet de chauffer un ballon de 200 litres d’eau pour l’eau chaude sanitaire ».

netlaur24 et Bricolo Ecolo ont respectivement installé une pompe à chaleur air / eau et un puits canadien pour exploiter la chaleur stockée dans l’eau et le sol.

Aux USA, David Allan chauffe sa maison au solaire et au sulfate de sodium en application des techniques de changement de phase (PCM, Phase Change Material).

Stockage de biomasse domestique

L’installation de chauffage de Bricolo Ecolo comprend « un poêle à bois avec une réserve d’eau chaude ...comme à l’ancienne pour la vaisselle ». Il s’agit d’un « vieux Efel à un prix défiant toute concurrence » en attendant de pouvoir acheter un autre appareil : « les technologies les poêles à pellet ont des autonomies de 25 h avec régulation électronique avec des fumées de combustion qui contiennent moins de 0,1 % de CO. »

Le recours au biogaz est très répandu pour du gaz domestique : 21 millions de foyers dans le monde sont équipés de digesteurs. Ce sont des installations relativement simples à mettre en oeuvre (à condition de disposer des déchets organiques). A titre d’illustration : un digesteur de démonstration, en grandeur réelle une installation au Vietnam coûtant « environ 35 euros tout compris (sauf la porcherie et les cochons !) » et à plus grande échelle, une installation prototype pour du gaz de cuisine dans un immeuble à Fribourg en Allemagne à partir de l’eau noire (les rejets des toilettes).

Il existe des installations biogaz exploitant les déchets pour chauffer des immeubles et des quartiers . L’installation prototype de Fribourg pourrait être utilisée dans ce but, je n’ai trouvé d’information pour des habitations.

Stockage d’une énergie renouvelable dans des réservoirs d’hydrogène

La maison solaire-hydrogène de Michael Strizki aux USA est un exemple avant-gardiste de stockage de l’énergie photovoltaïque sous forme d’hydrogène liquide dans 10 réservoirs de 3800 litres.

De nombreuses sociétés (Matsushita, Honda et sa Home Energy Station, Hyteon, EDF, ...) travaillent depuis des années sur des piles à combustible pour la maison et ont lancé des expérimentations. La pile à combustible domestique pour demain ?


Tableau de synthèse

Usage Vecteur Solution Statut Perspectives
Electricité Electricité Batteries Très répandu Capacité en hausse
Eau chaude Chaleur Par voie sensible Très répandu Hausse du nombre d’installations
Eau chaude Chaleur Par changement de phase Rare  ?
Chauffage Biogaz Bois-énergie Très répandu Hausse du nombre d’installations
Gaz Biogaz Déchets organiques Expérimental Potentiel important ?
Electricité Hydrogène Pile à combustible Expérimental Potentiel important ?
Electricité Hydrogène Sous forme liquide Expérimental  ?

A suivre.

Commentaires et contributions, ...

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2 Messages de forum

  • L’analyse début 2011 de Louis-Marie Jacquelin, consultant au sein du cabinet ENEA Consulting, sur le site Green Univers :

    Stockage de l’énergie : un marché prometteur, mais des technologies encore à développer
    Publié par PLaurent • vendredi 18 février 2011 à 10:12 • Version imprimable

    jacquelin2 150x150 Stockage de lénergie : un marché prometteur, mais des technologies encore à développerLe stockage de l’énergie est à la fois une contrainte technologique et une formidable opportunité économique, selon l’analyse de Louis-Marie Jacquelin, consultant au sein du cabinet ENEA Consulting (1). D’où un marché qui s’annonce très dynamique dans les prochaines années.

    GreenUnivers : Les énergies renouvelables, dont la production est souvent intermittente, se développent rapidement, mais le stockage de l’énergie semble avancer moins vite. Est-ce que cela ne risque pas d’être un frein ?

    L’augmentation des capacités de production intermittente éolienne et solaire perturbe en effet la stabilité des réseaux électriques. Si ces sources d’énergie ne sont pas encore dominantes, dans certains pays comme le Danemark ou le Portugal, la capacité installée est supérieure à ce que peut supporter le réseau lorsque les conditions météorologiques sont très favorables. Les moyens de production impliqués sont alors déconnectés du réseau, entraînant la perte de cette énergie verte. Et ce problème ne fera que s’amplifier : les pays européens ont pour objectif d’atteindre 20% d’énergies renouvelables dans leur mix énergétique en 2020, soit un doublement par rapport aux 9% actuels (2). Pour atteindre ces objectifs tout en garantissant la stabilité du réseau et l’équilibre offre/demande, il est essentiel de développer la capacité de stocker les surplus de production renouvelable.

    De plus, seul le stockage d’énergie, en flexibilisant la production d’électricité renouvelable, permet aujourd’hui d’envisager un jour de s’affranchir des centrales de pointe utilisant un combustible fossile. Actuellement ce type de centrale est nécessaire pour compenser l’insuffisance de la production lors de conditions météorologiques défavorables.

    Ce contexte rend nécessaire la construction de moyens de stockage, au-delà des 120 GW installés aujourd’hui dans le monde, dont 4,2 en France (3).

    GU : Est-ce que cela a aussi un impact économique ?

    Oui, car cette intermittence difficilement prévisible conduit à une augmentation forte de la volatilité des prix de l’électricité. Pouvoir choisir d’acheter son énergie exclusivement en période creuse devient dès lors un vrai levier économique. Ce principe peut s’appliquer aussi bien à l’échelle d’un réseau national que pour une industrie, voire même pour des installations de petite taille. Des avancées technologiques récentes, dans le stockage thermique par exemple, ont donné naissance à des solutions d’ores et déjà rentables.

    La combinaison actuelle de ces deux leviers, économique et technique, dynamise le marché du stockage de l’énergie. Tant les industriels que les particuliers peuvent y trouver de réelles opportunités pour diminuer leur facture énergétique.

    GU : Le stockage thermique est-il moins coûteux que le stockage de l’électricité ?

    Lorsque le besoin final est purement thermique, oui, c’est souvent le cas. L’électricité se stocke difficilement. Pour y parvenir de façon économique, l’énergie est en fait stockée sous d’autres formes : électrochimique dans le cas des piles et des batteries, mais aussi mécanique en remplissant des barrages (STEP) ou en comprimant de l’air (CAES), cinétique (volants d’inertie), magnétique (SMES), chimique avec l’hydrogène par exemple, thermique chaud ou froid… Le choix optimal dépend de l’application finale, pour minimiser les pertes intermédiaires associées à d’inutiles transformations.

    Le cas du froid est éloquent, car techniquement simple à mettre en œuvre et souvent rentable. Générer du froid est très consommateur d’électricité ; or la plupart des climatiseurs sont utilisés principalement pendant la journée, lorsque l’électricité est chère. Aujourd’hui, il est possible de former de la glace pendant la nuit à moindre coût, puis d’utiliser le froid ainsi stocké pour refroidir l’air pendant la journée.

    Pour les industries, des solutions novatrices peuvent être trouvées, en identifiant dans les procédés mêmes quels composés intermédiaires peuvent être stockés. Les procédés intermittents, fonctionnant par exemple uniquement de jour (production de froid) ou uniquement de nuit (éclairage), offrent des ouvertures économiques particulièrement intéressantes. Cependant, identifier dans chaque cas la meilleure solution n’est pas chose aisée : les possibilités sont très nombreuses. Cela demande autant de méthode que d’imagination.

    Rappelons d’ailleurs qu’aucune technologie ne pourra répondre seule à toutes les situations : les besoins en puissance, en capacité, en densité, en réactivité, etc. sont trop différents d’une application à l’autre.

    GU : Les obstacles technologiques sont-ils encore nombreux ?

    Beaucoup de technologies ont encore besoin de développements pour arriver à pleine maturité. Qu’il s’agisse d’applications fixes ou mobiles, les batteries en sont un bon exemple. Les technologies actuelles ne répondent pas aux contraintes de coût et de densité de stockage (pour le transport notamment) pour permettre leur utilisation à grande échelle.

    La règlementation doit également être adaptée pour permettre une juste valorisation des services rendus au réseau. Pourquoi pas, même, une inclusion dans les mécanismes de financement carbone pour valoriser d’éventuels remplacements de centrales de pointe thermiques ?

    Les applications des technologies de stockage sont extrêmement variées. Chaque domaine aura donc à répondre à des contraintes tout aussi variées.

    GU : Concrètement, à quel genre de développement peut-on s’attendre dans les années qui viennent ?

    En ligne avec leur rapide évolution technologique, les batteries fixes et mobiles représentent un marché très dynamique : IDC Energy Insight a estimé que 22 entreprises allaient se partager le décuplement des capacités installées en batteries Lithium-ion prévu d’ici à 2013. Cela représente environ 11 Mds d’euros.

    Pour le stockage de grande capacité, environ 80GW supplémentaires de Systèmes de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) seront construits d’ici à 2014 dans le monde. En Europe, de nombreux projets sont déjà à l’étude ou en cours de construction. Cette technologie est cependant limitée par la nécessité de trouver ou d’aménager un site géographique approprié. C’est pourquoi le développement de STEP souterraines ou de CAES se développent également.

    Comme pour ce dernier exemple, les choix technologiques ne sont pas toujours arrêtés. Il sera nécessaire de suivre de près le développement des différentes options dans les prochaines années. Il suffit de mentionner à ce sujet l’opposition tout électrique – hydrogène pour la prochaine génération de véhicules…

    (1) ENEA Consulting a publié en janvier 2011 un panorama synthétique de la filière du stockage d’énergie (PDF).

    (2) Source : MEEDTL

    (3) Source : ENEA Consulting

    Pour aller plus loin :

    - Site de l’ESA : www.electricitystorage.org

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